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Bonjour , bienvenue chez CAMELEON RECORDS, division de VINYL VIDI VICI RECORDS, le but étant de represser
des vinyles déjà édités mais introuvables ou trop onéreux. Punk, hard, garage, new-wave, folk, soul, seule l'écoute prédomine
dans le choix. Ref CAME 7

FRAISES DES BOIS

Les FRAISES DES BOIS est un groupe français de Clermont-Ferrand dans le Puy-De-Dôme, . L'histoire du groupe ne durera que quelques mois, de fin 1965 à 1967. Le groupe était composé de Jean-Pierre Couvaud, son frère Jean-Jacques Couvaud, Christian Schmidt et Jean-Noël Reignat (de gauche à droite sur la pochette). Leurs 4 reprises des Kinks, Young Rascals et Rolling Stones sont excellentes, gardant bien l'esprit des originaux. Le EP a été enregistré live en une après-midi à Paris dans le quartier de Pigalle aux Studios Sofrason.

Jean-Jacques Couvaud :
    "J'avais 14 ans quand on est arrivé de Rouen pour Clermont en 1964. Mon père a quitté la SNCF pour venir travailler avec son frère qui avait monté une usine de ballons. Avec mon jeune frère Jean-Pierre, on est rentré au collège à Chamalières. J'étais en 3ème. Dans la classe, nous avons fait la connaissance d'un parisien qui venait de s'installer à Clermont lui aussi. Il prétendait faire un peu de musique. Cela nous as donné envie, c'était à l'époque de Johnny Hallyday, des Chaussettes Noires, les prémices du rock . Face à notre motivation, mes parents ont acheté une guitare à mon frère et une caisse claire pour moi. On écoutait la radio  et on a commencé à travailler seuls en essayant de jouer sur le peu de disques que nous avions.
Les week-ends, on allait souvent au Globe, un bar de Clermont fréquentés par les jeunes, et là j'ai rencontré quelqu'un qui jouait de la batterie dans un groupe. Je lui ai demandé si je pouvais venir les écouter et, avec son accord, je me suis rendu à la répétition à Montferrand. C'était un trio, un batteur et deux guitaristes, ils reprenaient des morceaux des Shadows, j'ai joué quelques titres avec eux, mon jeu leur a plu et ai remplacé le batteur par la suite. Mon frère nous a rejoints pour former les BLACK SUN, mais il fallait un bassiste et mon frère a pris le poste. "

BLACK SUN

"On jouait essentiellement de la musique instrumentale, le chant est arrivé un peu plus tard quand on a commencé à entendre les Beatles et les Stones . On jouait dans les boums et les petites salles et c'est le père d'un des musiciens qui nous transportait avec son Tub Citroën.
A Montferrand, il y avait un magasin de musique qui organisait des concours de rock , un guitariste prénommé Jean-Noël nous a repérés mon frère et moi. Il avait déjà un passé musical, une Stratocaster Fender et un beau-frère guitariste. On avait 15 ans, il en avait presque vingt. On a décidé de monter un orchestre ensemble , les FRAISES DES BOIS. Il fallait changer de matériel , j'ai troqué ma caisse claire pour la seule batterie du magasin de musique de l'époque, une Asba jaune pailleté, et mon frère a eu une Fender Jazz Bass et il assura le chant en anglais."

EN STUDIO


"On répétait souvent avec le groupe ou individuellement mais malheureusement c'était un peu le désert culturel et on n'avait pas souvent l'occasion de voir jouer des musiciens de renom. Tout se passait à Paris mais de temps en temps un groupe anglais venait jouer. On pouvait écouter quelques musiciens de bal et si on était argenté, on assistait aux concerts d'été des vedettes à la mode au jardin Lecoq. "

SALLE DUCLOS


"On était un peu seuls, pas de méthodes, pas de partitions et pas de profs. Comme on voulait posséder une bonne technique instrumentale, on s'est inscrit au Conservatoire avec mon frère. On progressait et notre répertoire s'étoffait avec les Stones, les Kinks et les Yardbirds. Notre travail fut récompensé, pas financièrement, mais humainement et musicalement car de 1967 à 1968 on a eu un franc succès. Les filles étaient fans, les garçons nous suivaient et les musiciens venaient nous écouter, il y avait une certaine euphorie autour du groupe et on commençait à être sollicité. Cela pouvait être dans un bar à Royat ou dans une cave en ville, les boîtes de nuit, en attraction avec un orchestre de bals des grandes écoles (Droit, Impôts et Médecine) avec des têtes d'affiches comme Jacques Dutronc, Raymond Devos, les Kinks etc . C'était dingue, parfois on jouait deux fois par semaine. Mon frère et moi menions de front le lycée, le conservatoire et le groupe. C'était un peu compliqué"

DOCUMENTAIRE FR3 AUVERGNE FEVRIER 1967

                 
"Il y avait notre look, on avait les cheveux longs, on portait des jeans et des boots anglaises achetées à Paris mais sur scène on jouait en costume. On aimait le côté rebelle des Rolling Stones, notre musique était énergique, tout en restant des gentils garçons . Toutes ces contradictions n'étaient pas toujours faciles à assumer mais pour nous l'important restait la musique. Il nous arrivait souvent de jouer dans d'autres villes, comme Limoges, mon père nous avait prêté sa Peugeot 403. A cette soirée il y avait un groupe anglais qui jouait , ils étaient quatre et reprenaient du James Brown, "I feel good" sonnait d'enfer. On avait jamais entendu ça. La claque . En plus, le batteur faisait tourner ses baguettes, spectaculaire !. De retour à Clermont on a rajouté à notre programme ce style de musique et cela a super bien marché. Et moi j'ai appris à faire tourner mes baguettes !.
La différence entre les anglais et nous, ce n'est pas qu'ils jouaient mieux, c'est qu'ils avaient le "son".
Les soirées anglaises étaient organisées par un imprésario qui s'occupait de nos affaires de temps en temps, souvent dans des lieux improbables comme un hangar à la Plaine, un garage à Clermont. A l'occasion d'une de ces soirées à l'Alhambra, un dancing place Delille, on jouait avec plusieurs groupes. La vedette parisienne était Moustique, un chanteur un peu connu accompagné par deux frères, Tom et Jerry. Un guitariste et un bassiste qui jouaient avec les doigts c'était nouveau, tous les gars avaient des médiators ! D'ailleurs j'ai joué avec Moustique en remplaçant son batteur lors de ce concert "

              
"Une autre idée de notre imprésario, un garage. Un vrai, avec des ponts, des carcasses de voitures, des éclairages et une caravane, un échafaudage, un vrai décor de film, et on jouait là-dessus pour un défilé de mode de boutiques Clermontoise. Dans la caravane qui servait de loge il y eut Eddy Mitchell, un très bon concert et un super souvenir.
On jouait tous les mercredis soirs au Club 3000 avec Serge Boudu (voir S.O.S pour info) , on faisait une première partie très rock'n'roll, ensuite on l'accompagnait dans son tour de chant consacré à Jean Ferrat, un mélange de genres très apprécié.
Une bande de jeunes du quartier Saint-Jacques oragnisait les dimanches après-midi des mini concerts dansants à la salle Duclos. Il y avait deux ou trois orchestres qui jouaient, mais d'autres bandes ne venaient pas pour danser .... D'un côté ça se battait et de l'autre ça dansait. Il n'y avait pas de service d'ordre mais c'est quand même la musique qui gagnait.
Un autre soir ç'était un concert organisé par les étudiants des Grandes Ecoles au Casino de Royat avec les Kinks, on a joué juste avant eux. C'est vrai ils avaient le son !. "

CONCERTS

         

 

"A la sortie de notre disque, les Clermontois l'ont bien accueilli, Il a été vendu dans les magasins de la région et à la sortie de nos concerts, les radios en ont parlé et une télé s'en est suivie. On était heureux et comblés ! Mais une grande partie des disques a été gardée par notre impresario...".

Le disque a été pressé sur le label DMF (Disques Microsillons Français) qui a été créé en mai 1965 à Cléon au sud de Rouen en Seine-Maritime . Ce petit label allait sortir en trois années plus de 300 références, dans tous les genres (variété, folklore, classique ....) . Pour la numérotation, il faut connaître quelques subtilités. Le 1er chiffre est celui du genre (1 - classique , 2 - variétés, 3 - poésie et 4 - divers), le 2ème chiffre est la fin de l'année d'enregistrement, le 3ème est le mois (1 à 12) , et enfin les derniers sont les numéros de classement dans l'année. Les FRAISES DES BOIS , groupe de variétés (2) a donc été enregistré en 1966 au mois de septembre (9) et étaient les 59ème artistes.... Les tirages étaient généralement de 500 copies. Il était prévu 800 mais cela ne se fera pas.

"Puis un jour, une convocation pour effectuer notre service militaire est arrivée : seize mois. On a fait un concert d'adieu et ce fut la fin du groupe. Quand on est rentré de l'armée, on a fait des bals et on a monté un autre groupe, le Team Show, et on a repris nos études au conservatoire. Mon frère a obtenu un premier prix de contrebasse et moi un premier prix de percussion. Lui a arrêté la musique, moi j'ai continué et ai obtenu mes diplômes pour enseigner la percussion et la batterie au Conservatoire National de Musique de Clermont-Ferrand.
Je n'ai pas de nostalgie de cette époque, on n'a pas fait fortune mais notre aventure a été riche en rencontres et en expériences, que des bons souvenirs et on s'est quand même bien marrés."

Une partie des propos recueillis par Patrick Foulhoux, et reproduits ici avec son aimable autorisation. Vous pouvez retrouver ceux-ci ainsi que plein d'autres histoires sur le rock à Clermont dans son excellent livre publié en 2013.

Voici les 4 EP's originaux français où le groupe a choisi ces reprises

 

Un reportage FR3 Auvergne de 1967 avec les FRAISES DES BOIS est visible sur cette page .

Merci beaucoup à la revue Club Des Années 60 et à Patrick Foulhoux pour leurs précieux renseignements. Vous pouvez cliquer
sur les couvertures pour découvrir ces publications.


         


Un Tub Citroën

 

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Parus dans Dig It ! et Abus Dangereux

  

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