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Bonjour , bienvenue chez CAMELEON RECORDS, division de VINYL VIDI VICI RECORDS, le but étant de represser
des vinyles déjà édités mais introuvables ou trop onéreux. Punk, hard, garage, new-wave, folk, soul, seule l'écoute prédomine
dans le choix.

Hello, welcome to Cameleon Records, division of VinylVidiVici Rds, with the aim of repressing vinyl already published  but
not found or too expensive. Punk, hard, garage, new wave, soul, folk.... only listening predominates in the choice .

SOLD OUT / EPUISÉ

 

17ème référence, les JERRYS



 

Ce EP 45t n'a jamais été commercialisé, il n'existe que quelques test pressing, peut-être un seul..... Voici l'histoire racontée par Gilbert Cariou dans son livre "l'Epopée Du Rock Au Pays Bigouden 1962-1972".

Dans les années soixante, il fallait choisir son camp : on était soit Beatles soit Rolling Stones (le raccourci « Stones » ne viendra que bien plus tard). Ce duel manichéen, bien dans l'air du temps, a eu sa version finistérienne. Une « guerre » par fans interposés a fait rage entre les deux groupes pionniers du rock dans le département : les Cratères et les Jerrys. Ces derniers cultivaient plutôt le look Fab Four, les autres avaient choisi le clan des bad boys. Chacun avait ses inconditionnels. Tragiques déchirements au sein des bandes et grands débats dans les cours de récré. Comme les Stones, qui ont fait leurs premiers pas du côté de Londres,les Cratères sont originaires d'une autre capitale, celle de la Cornouaille : Quimper. Cette ville-préfecture a la réputation d'être conservatrice. Difficile à l'époque de faire bouger le bourgeois sur les bords de l'Odet ! Les rockers volcaniques tranchent avec leur look anticonformiste. Des tifs plus longs que la moyenne. Plutôt provoc'. Un vrai cauchemar pour beaucoup de parents qui ne laisseraient pas leur fille sortir avec un Cratère ! Les Jerrys ont plutôt un profil de gentils garçons bien policés .

                                         

Même costume strict, coupe de cheveux bien étudiée, style gendre idéal. Le groupe lorgne du côté des Quatre ,de Liverpool et, comme eux, il est originaire d'une cité portuaire et pas n'importe laquelle : Concarneau, ses quais, ses bistrots enfumés et sa ville close ouverte à tous les vents. Sur la scène du festival de Pontl'Abbé, les Cratères portent des chemises à fleurs à la Antoine, la tenue rebelle par excellence en cette année 66. Les Jerrys vont venir les titiller sur leur terrain. Ils balanceront ce jour-là une version de 19th nervous breakdown à démoraliser un fan hardcore des Cratères. Un épisode toujours ancré dans la mémoire des Jerrymaniaques. Ces deux formations auront écrit dans les Sixties parmi les plus belles pages de la saga du rock en Bretagne. Dès le début, l'épopée des Jerrys a des points communs avec celle des Beatles. Une histoire de kermesse va sceller leur destin.


John Lennon et Paul Mac Cartney se sont rencontrés pour la première fois en juillet 1957 à la fête paroissiale de Woolton, banlieue de Liverpool City. En avril 1963, c'est à la fête du lycée Pierre-Guéguin que les Concarnois vont faire leurs premiers pas sur scène. Le groupe est composé de sept musiciens en herbe, âgés de 16 et 17 ans : Bernard Cormerais (guitare), Henry Duvail (guitare), Christian Beuzeville (Ondioline, l'ancêtre de l'orgue électrique), Jean-Paul Gauthier (piano), Marc Perru (batterie et basse), Fanch Richard (trompette) et Jean-Yves Thomas (batterie). Le nom du groupe vient du surnom donné à ce dernier : Tom. L'association est vite trouvée avec la souris taquine du célèbre dessin animé : Jerry. Un nom pareil, en effet, ça ne peut que « cartooner ». Oh well …go cat go ! Les Jerrys interprètent cinq morceaux instrumentaux. Beau succès auprès des copains de classe et des parents d'élèves. Cette prestation ne laisse pas insensible M. Le Bourhis, le gérant du cinéma de la ville, le « Celtic ». Il leur propose de venir dans son établissement pour meubler l'entracte. À la fin de leur « numéro », ils pourront quêter dans les rangs. Par ici la monnaie ! La recette n'est pas toujours à la hauteur des espérances …quand la vendeuse de bonbons Kréma et autres Miko . Parfait est déjà passée par là. Très vite on fait appel à eux pour animer un bal de noce à Scaër. Une autre paire de manches ! En deux semaines, ils vont devoir apprendre près de trente morceaux. Même pas suffisant : ils devront rejouer plusieurs fois certains titres pour tenir la distance. Un mariage, ça dure longtemps, au moins le jour de la cérémonie… Il faut être motivé ! Tout le monde ne suivra pas.

        

Du groupe initial, seuls vont continuer l'aventure Marc Perru, à la batterie (né en 1947), et Fanch Richard (né en 1945), qui range sa trompette pour se mettre à la guitare rythmique et au chant. Viendront compléter le combo deux nouveaux Concarnois : Jean Nin (né en 1947), guitariste solo aux origines catalanes, et un transfuge des D'jans, Guy Le Dréau (né en 1947), à la basse. Le saxophoniste Loïc Hascoët se joint régulièrement à ce quatuor. Le gérant du « Celtic » a alors l'idée de transformer l'arrière-salle du cinéma en un petit club baptisé « La Souricière ».Une salle enfumée, d'une centaine de places, où toute la jeunesse branchée rock du sud Finistère se fera prendre au piège : on viendra de loin pour danser et flirter au son des Jerrys. On est en 1964. Ils se produisent dans ce lieu chaque week-end durant plus d'un an. C'est ici que le groupe va rencontrer son premier vrai public, avec un répertoire composé de classiques, en particulier ceux de Chuck Berry. Figurent aussi à leur set-list : les Kinks, les Yardbirds, les Stones... Mais ce sont leurs reprises des Beatles qui font le succès et « l'image de marque » des Jerrys. Le frère de Marc Perru, qui habite aux États-Unis, les approvisionne régulièrement en disques et partitions avant même qu'ils ne sortent en France. Les Jerrys peuvent ainsi chanter le véritable texte de la chanson en anglais. Pas toujours le cas. De nombreux rockers à l'époque se contentent toujours de brailler « en yaourt ». Des qualités qui permettent aux Jerrys de gagner, au côté des Cratères, le tremplin amateur du tout premier festival rock de Bretagne organisé à Pont-l'Abbé, le 27 mars 1966. Ils seront les seuls à enregistrer dans la foulée un super 45 tours dans les studios de l'ORTF  Rennes.

Affiche originale : De gauche à droite Michel "Pépé" MUNOZ (Batterie ) , Jacques LEGROS (orgue ) , Fanch RICHARD ( Guitare rythmique et Chant) , Michel SANTANGELI (assis) Batterie , Pierre NIN ( Basse) , Juan NIN (Guitare solo ) et Lili RONARCH leur mentor .

Quatre reprises : deux standards de Crazy legs (Nadine et Bye bye Johnny), ainsi que deux morceaux des Fab Four (You can't do that et Money). C'est alors que commence une période faste pour les Jerrys. De groupe local, ils prennent une autre dimension, qui se confirme quinze jours plus tard à Brest où a lieu un nouveau festival de rock. Là, ils se frottent, sous les néons de « La Redoute » (aujourd'hui « Le Vauban ») aux formations nordistes : Loups Noirs, Welsons… et aux Cratères, leurs « rivaux » de Quimper. Un noyau de fans fidèles commence à suivre ces stars du week-end dans le circuit des bals et des dancings. Ils donnent, au printemps 66, une série de concerts restés mémorables au « Phare », une boîte de nuit des Sables-Blancs à Concarneau.

 

Photo retrouvée dans les Archives Départementales et qui devait servir pour la pochette du disque...

Photo glissée dans cet écrin....

300 copies de prévues

Fiche pour le studio d'enregistrement.

Pré-contrat

Lettre expliquant les difficultés de la part de DMF pour presser les disques commandés...

          

           

           
Les Jerrys se déplacent en Ariane (pas la fusée, la Simca) avec remorque dans toute la Bretagne (Loire-Atlantique incluse). Le groupe est sur un petit nuage. Cette période faste va durer environ deux ans : de 1964 à 1966. Fin 66, ça se gâte. Une nouvelle page s'ouvre dans l'histoire des Jerrys. Guy va faire son service militaire. À la suite de ce départ, le groupe se disperse. Fanch et Marc montent dans la région parisienne (Oise) où, durant l'hiver 67, ils jouent dans l'orchestre de J.C. Lenoble (un habitué du « Phare » à Concarneau), qui les fait passer pour des Anglais ! À cette occasion, Marc abandonne la batterie pour la guitare. Après cette expérience, il décide de rester à Paris. Marc poursuivra sa carrière au sein des groupes Cruciferius et Nemo. Il accompagnera par la suite un grand nombre d'artistes dont Stivell, Mort Schuman, ou encore Didier Lockwood, et deviendra un sideman très recherché dans le milieu des variétés.

Marc Perru est sûrement le musicien concarnois ayant fréquenté les plus grandes scènes. Jean rejoint les Kelts. Mais il a la nostalgie des Jerrys. Il bat le rappel pour repartir sur les routes. Comme argument sonnant et trébuchant, il a dans sa poche un contrat en or qu'il a négocié avec la direction du « Bravig » à Tréboul : jouer làbas chaque samedi et dimanche, et ce, pendant un an ! Vont faire partie de ces nouveaux Jerrys, qui vont mettre le feu à la baie de Douarnenez, au cours de l'année 68 : - Jean (guitare solo), qui embarque aussi son frère Pierre Nin (guitare basse) dans l'aventure, lequel continue comme lui à jouer en parallèle avec les Kelts du Guilvinec - Fanch (guitare rythmique et chant) qui est à l'armée à Vannes depuis octobre 67 et doit jongler avec les perms pour être présent chaque week-end sur la scène du « Bravig », située à 150 km de sa caserne ! Pas toujours évident ; - le groupe compte aussi un musicien de renom : le batteur Michel Santangeli (ex-Chaussettes Noires et Chats Sauvages), qui s'illustrera également plus tard avec Stivell, et surtout Higelin et même, un temps, avec… les Sonerien Du ; - Jacques Legros est à l'orgue, et Lili Ronarc'h embarque aussi dans l'aventure pour assurer les parties musette indispensables en particulier le dimanche soir. Lili laissera petit à petit tomber les Kelts au profit des Jerrys, emportant avec lui son accordéon et son carnet d'adresses… Bon nombre de musiciens vont passer dans cette nouvelle formation renforcée et orientée pop music. Citons : Michel Munoz (futur Modest King Gods), à la batterie, et un héros de la six cordes en devenir, Dan Ar Braz. Ce dernier retrouvera Jean Nin en 1971, au sein du groupe Mor. Baromètre de la notoriété régionale, le nombre de passages à « La Redoute », le « temple du rock » brestois, l'une des salles parmi les plus réputées de Bretagne. Les Jerrys, tout au long de leur carrière qui a démarré en 1963 et jusqu'à la fermeture de cette salle en 1972, auront été à l'affiche une trentaine de fois ! Très peu de groupes en Bretagne peuvent se targuer d'une telle performance.

 

 

EXTRAITS SONS :  NADINE -- YOU CAN'T DO THAT -- MONEY -- BYE BYE JOHNNY

 

Verso réédition


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Le livre de GILBERT CARIOU , plus d'infos ici . Et un grand merci à Guy Gardon et les Jerrys !!!

  

 

 

 


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