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31ème référence, LES HOMARDS VIOLETS

BANDCAMP

 

 

Homard Violet - Ohm Art Violant Par Thierry UBERTI

 

Le 9 septembre 1997 rendez-vous était pris avec Mister Gaurdon himself, figure emblématique de la musique contestataire lyonnaise. Le but de cette rencontre était de faire un petit flash-back de trente années, là où notre illustre agitateur sévissait déjà. Avant de connaître les prémices de sa longue carrière laissons-le d'abord nous recadrer l'environnement: " Le début des années 60 à Lyon c'était d'énormes bandes "de jeunes" s'identifiant à des quartiers. L'ethnie des États-Unis, la bande de la Croix-Rousse, celle du Tonkin, la pire "le Tonkin" était à l'époque un quartier populaire de Villeurbanne frôlant le bidonville, abritant en son sein le marché aux puces de la place Rivière, les flics n'y risquaient pas un pied la nuit. Ces bandes pouvaient compter jusqu'à cent individus du genre "blousons noirs", composées de merdeux de 12-13 ans jusqu'à des "croulants" de 26-30 ans. Elles s'affrontaient lors des "vogues" (fêtes foraines) de la Croix-Rousse ou de Perrache, en d'incroyable bastons généralisées.... À chaque bande correspondait un orchestre, un par quartier, le Tonkin c'était par exemple le style Vince Taylor, les États-Unis admettons Hallyday, la Croix-Rousse Eddy Mitchell... chacun avait un style musical et vestimentaire, toute une ambiance.... Le centre de Lyon avait lui aussi ses ersatz, costards satinés et beaux amplis, Si certain jouaient sur des postes radio trafiqués, les "bourges" avaient leurs groupes qui reproduisaient des trucs à la Shadows bien aseptisés, souvent sous la férule de professeurs de musique . Mais là je te parles de ceux qui tournaient, de ceux que l'on pouvait voir au West Side Club où s'organisait chaque semaine un concours entre deux groupes, entre deux clans, vous devinez comment ça pouvait finir....Voici la situation jusqu'en 1964-65 " -"Dans un souci de ne pas être pris au sérieux on a longtemps hésité entre un nom comme "Les Griffons" (nom d'une marque de chasse d'eau) ou "Les Guitares d'Acier Bleu", enfin on a opter pour le dérisoire... ce sera le "HOMARD VIOLET". -"J'ai toujours aimé la notion d'ensemble pas de groupe. Le Homard Violet n'était pas un groupe de rock mais un ensemble musical. C'est la notion qu'on en avait et on aimait bien faire chier en le précisant ! Les gens disaient les Homards Violets quand ce n'était pas ironiquement: "les crevettes roses", on laissait dire, mais pour nous c'était le Homard Violet ! Ça pince et le violet n'est-il pas la couleur des morts par asphyxie, une couleur suicidaire quelque part....comme Hara Kiri pour un journal, tout ça est assez étudié". Leur premier vrai contrat est à la MJC Laennec, où ils succèdent aux "Tigers". À cette époque la tendance est de moins en moins "rock" et de plus en plus "Beatles", le Homard Violet tend vers quelque chose de plus élaboré musicalement.

INSTITUT MEDICO-LEGAL DE LYON

Jusqu'à fin 63 ce n'est qu'un petit groupe qui répète sur la scène de la salle des fêtes du Moulin à Vent (1ère prestation à la fête scolaire du quartier.), transportant son matériel: Guitares qu'il a fabriqué, Ampli/poste de radio, en bus ou à pieds par tous les temps, c'est l'époque d'apprentissage, d'initiation en faisant des reprises genre Chaussettes Noires . Rien ne restera de cette époque, "Ça devait être monstrueux!". J.C. Gaurdon a déjà sévi dans trois groupes avant les Homards Violets avec lesquels il connaît une première dissidence. Le 5-12-63 et va jouer avec "Les Lowens" (Mon initiation à ce que pouvait être une concession à l'aseptisé) dans ce lieu mythique qu'est le West Side Club. Les Lowens sont un groupe bien "propre" avec un professeur d'accordéon, Mr Pujol. "Je lui ai passé une trentaine de chansons (J'étais déjà prolixe) composées et enregistrées sur un magnéto Philips à bande, c'était du mal digéré, du ressassé, j'aurais du mal à reconnaître ces enfants que l'on ne m'a jamais rendu". Fin 63 début 64, les Homards Violets abandonnent leur initiation "Yéyé", fini les textes et le style "Twist-rock pour surboums, régurgité et niais". La formation se stabilise autour de J.C. Gaurdon' (chant), Yves Argant (accompagnements), Serge Chaillou (solo), Baby Benamed (batterie). Dans les répétitions ils se rendent vite compte (comme beaucoup de groupes) que chacun à tendance à surenchérir au niveau des décibels et ils instaurent l'élaboration des morceaux à la guitare sèche avant de passer aux instruments et à la recherche d'un son. Au même moment Gaurdon prend des cours de chant avec Renée Mayoud. "J'avais compris que le chant n'est pas un don mais un talent qu'il faut travailler". Ses influences sont alors diverses, ses maîtres sont déjà Screamin' Jay Hawkins et Brassens, Colette Magny qu'il considère comme la plus grande chanteuse française de Blues, Boris Vian, Elek Baksik "au doigté de guitare incroyable", Prévert, Pierre Henri (pas commun à l'époque ). Les autres membres sont plus dans les tendances du moment, Beatles et Rolling Stones, ce qui implique quelques discussions. "On se posait des questions. Il y a deux types de musique, celle qui s'entend et celle qu'on écoute. Nous on voulait être écoutés, ne serait-ce que pour les paroles. Mais on voulait un équilibre entre les paroles et la musique. On en parlait longuement, je nous revois assis en bas des immeubles de Mermoz à imaginer ce que serait la musique actuelle. On l'imaginait basée sur les sensations, déstructurée, non asservie à une rythmique, on avait déjà la conception de la musique contemporaine humoristique. Notre but était de déstructurer la musique, de casser ses rythmes pour que les mecs ne puissent plus danser, et tout cela présomptueux, sans culture (dressage) musicale ! ".

VERSO

De plus en plus le Homard Violet s'affirme comme un ensemble avec une philosophie que Gaurdon s'efforcera de peaufiner avec le temps. Il aime à souligner qu'ils sont un des rares groupes à composer et orchestrer, le seul à Lyon. Pas de reprises ou alors une adaptation, ne pas refaire comme les autres. "Certains font des morceaux mais qui sont les mêmes que machin, j'appelle ça du clonage. On était catalogué groupe de rock depuis longtemps mais on était déjà un groupe dissident, aussi bien dans les paroles que dans les thèmes employés. Je t'ai parlé de Colette Magny, c'était notre côté engagé, Brassens la chanson qui se réécoute, tu fais attention à tout ce que tu écris pour que dix ans après tu trouves encore des jeux de mots, même trente ans après.....Je ne peux pas renier Eddy Mitchell, ni Hector avec qui je partageais le même impresario, il était un succédané de Screamin' Jay Hawkins avec des textes de Jean Yanne, ah! Jean Yanne, comment provoquer sans en avoir l'air tout en ayant l'air. Un maître dans la façon d'exprimer la provocation. Et Prévert, Henri Salvador, Ray Charles, Chuck Berry, Baudelaire dont j'ai porté en musique certains vers bien gras, j'ai ouïe beaucoup de blues et un peu de jazz....Mais ça ne veut pas dire pour autant que je n'écoutait ni les Beatles ni les Stones ! Personnellement j'ai apprécié les Beatles à partir de "Help!", puis "Sgt Pepper" bien sûr". Les Homards Violets gagnent un concours à la MJC des États-Unis qui leur ouvre les portes du studio "J.B.P.". Pour le disque ils gardent l'esprit et les structures qui les caractérisent, ils enregistrent deux titres, "Vision Spatiale Spéciale" et "Liberté". Plus ou moins cinq copies sont pressées (!), la suite ne se fait pas immédiatement étant donné qu'ils doivent la prendre à leurs frais. En 65, changement de soliste avec Charlie Di Gaetano, mais ils n'ont toujours pas de bassiste, "on en trouvait pas d'assez bon". Charlie faisait soliste en picking, se qui ne se faisait pas en France, c'est ce qu'a donné Dylan par exemple. Vers Pâques, à l'occasion d'une émission sur la MJC Laennec, FR3 diffuse ou tout du moins filme une première version du "Sadique". Après avoir nettoyé les vitres de la nouvelle cité universitaire (INSA) tout le mois de juillet, ils se payent leur premier voyage en Angleterre (août 65) accompagnés de Jean Jacques "Epsy" Hel qui sera plus tard après avoir sévit dans le Homard soliste de "Alain Bert et Epsyband".... A ce propos beaucoup de musiciens passés dans le Homard Violet ont continué, avec diverses fortunes, Di Gaetano a par exemple joué dans un autre groupe lyonnais les "Midjets", et a accompagné Hector. Le groupe n'a jamais été fermé même si la base est toujours restée la même, c'est à dire Gaurdon, Argant, Baby. En Angleterre ils jouent au fil de leurs rencontres, au hasard des pubs.. Ils mettront à profit aussi ces voyages pour se faire un peu "d'argent de poche", un coup avec un trafic de boots, une autre fois avec des amplis Vox qu'ils déplombent, donc qui ne marchent pas, et replombent une fois en France....

                             

Le 5 février 66, une deuxième dissidence amène Gaurdon à aller participer à un radio-crochet accompagné par les Sphinx. Certains membres des Homards Violets doutent de ce qu'ils font et veulent s'orienter vers quelque chose de plus Stones ou Beatles...." Je ne voulais pas de ce clonage. Mais il y avait cette tendance à vouloir faire ce qui se faisait. Je sentais qu'ils avaient l'impression qu'on allait mieux les aimer en faisant ça. Pourtant on faisait ce genre de trucs en répètes. Ils doutaient...Sur scène tout allait mieux vu que tout se passait bien, mais entre temps ils n'avaient jamais la preuve que ce qu'ils faisaient était bon. C'est pour ça que je suis allé faire ce radio-crochet, c'était en quelque sorte un défi, une provocation, ils pouvaient ainsi voir de l'extérieur ce que ça pouvait donner! Peut être avaient-ils quelque part raison en désirant se rallier à la meute". Les Sphinx sont un autre groupe mythique lyonnais, avec Alain Forestier au chant. Gaurdon et lui composeront une dizaine de chansons dont on retrouve "Je hais les mystiques" sur le CD du Skizo Frenetick Bande "Laissez des traces". "...Inclassable j'ai toujours eu du mal à tourner, en faisant du bal tu tournes toutes les semaines. Actuellement tu fais de la techno tu as des contrats à longueur de journée, mais du Brassens accompagné au synthétiseur avec une chanteuse d'opéra noire...., là je crois que tu vas avoir du mal, même si c'est très bien. On te dira toujours, ouais c'est excellent ce que vous faites, mais...., je ne saurai pas comment l'annoncer. Il faut l'étiquette ! Pour moi la meilleure étiquette c'est les ballots du Baloche ! Entre nous ce que l'on appelait groupe de rock, c'était surtout du bal, ils jouaient pour faire danser le jerk !!!". Le 20 avril 66, Gaurdon fait un passage radio à la guitare sèche sur France 1 Lyon avec "Liberté". C'est la période où ils trouvent enfin le quatrième pilier du groupe, le bassiste Michel Cayrol avec lequel Gaurdon rejouera jusqu'en 1984 ! Serge Chaillou fait son retour comme soliste. Cayrol avait été fortement incité par le batteur pour venir les rejoindre, celui-ci montait tous les jours dans son bus en allant au travail pour le harceler, ils garderont longtemps cette technique d'espionner les autres pour récupérer les meilleurs . "On ne s'est jamais planté dans nos choix !". Cayrol est à cette époque le premier bassiste à avoir une basse Fender et à savoir en jouer" (Les autres apprenaient par cœur leur basse en l'écoutant au ralenti sur leur pick up) .

Le 25 juin 66, ils font la première partie de René Louis Lafforgue, un grand de la chanson française qui décédera un mois après. La prestation des Homards Violets est écourtée par le maire de Lyon, Pradel. "Je n'ai pas manqué de lui rebalancer dans les dents un jour où il faisait la tournée des voix dans les MJC ! Je n'allais pas serrer la main de quelqu'un qui m'avait écourté la vie. J'avais 19 ans et je l'emmerdais ce con". C'est à ce moment que Gaurdon commence à faire des concerts en solo, la manche à St Jean avec Lavilliers, contact avec Higelin, rencontre Colette Magny, il participe en vieux mécréant aux messes Gospel du père Di Fatto...., ce sont des prémices au mouvement "Beatnik". Le reste du groupe lui reproche étrangement ses cheveux longs et son côté négligé...Il est vrai que les Stones fleuraient bon le costard-cravatte, bien propres sur eux. "Pour te dire les anglais me trouvaient destroy par rapport à eux...! J'étais un dandy négligé ". Août 66, "Mimile" Argant, Baby, Gaurdon et Richard Weiss partent pour un deuxième périple en Angleterre. Comme d'habitude ils ne se prennent pas la tête et prennent au fur et à mesure ce qui se présente à eux. "On était "l'exotisme" des anglais. Ils refusaient de croire qu'en France des groupes puissent chanter en anglais des textes appris phonétiquement sans en percevoir le sens. D'ailleurs le chanteur des "Blue Bugs" a compris qu'il suffisait d'être anglais en France pour tourner, pas besoin de savoir chanter. Il est resté pendant deux ans et ils ont tourné comme des bêtes !". Le 6 août 66 ils donnent un concert dans la banlieue de Londres que la presse locale ne manque de relater. En septembre 66 Serge est remplacé par Alain Cornet, tendance gitan à la vélocité extraordinaire et une présence qui a son importance. "Il faut avouer qu'il nous a sauvé la mise à quelques reprises...Je me souviens de St Fons, le public avait décidé de destructionner le groupe quel qu'il soit (tomates,...) . Moi avec mes peaux de bête, cheveux aux épaules, ils n'avaient jamais vu ça ! Sur scène on avait des haches, là il faut que je précises: La batterie avait toujours tendance à avancer, donc on mettait des clous pour la bloquer et à chaque fois on nous prêtait des outils que nous ne rendions jamais. Toute une collection (marteaux, haches,....) dans une valise. Quand ça commençait à chauffer on sortait tous nos ustensiles ! Donc à St Fons, des "loubs" commençaient à nous insulter, tout naturellement je leurs répliquais en leur montrant mon cul, à l'entracte on devait descendre par un escalier côté scène. On nous attendait bien sûr, chef de meute en tête, un "trims" en chemise blanche, Alain qui lui entailla au cran d'arrêt provoquant un grand mouvement de foule en arrière, l'incident fût clos. Par contre je ne t'expliques pas le groupe qui devait passer pendant l'entracte, ils ont tout ramassé, je me souviens du bassiste qui pleurait....

Pour nous la suite s'est très bien passée, il y en a même qui nous ont suivi partout . Petit inconvénient, il avait tendance à faire le poing avec ceux qui n'était pas des inconditionnels de Gaurdon. Le Q.G. des Homards Violets était le café Le Lafayette. On y trouve le groupe et tous les gens qui gravitent autour, peut-être une cinquantaine de personnes. Pas une bande, ils n'ont pas d'appartenance à un quartier, mais un mélange d'étudiants et de loubards qui plutôt que de partir dans une délinquance violente se donnent dans des délires surréalistes. Gaurdon n'appelle pas encore ça des Happening. Ce sont des sortes de gags, de mises en scène farfelues (40 personnes couchées sur la route de Grenoble en pleine nuit, avec une lampe éclairée sous le menton ou s'immobilisant sur une place à deux heure du matin à la vu du moindre passage . Quand à déclencher les cloches électriques d'une église en pleine nuit c'est à peine s'ils osent... ). Tout ça est plus qu'une provocation "J'ai fait la rue de la République en crucifié avec les autres en pèlerins derrière, les gens ne savaient pas ce que c'était, ils ne comprenaient rien". Les répétitions des Homards Violets sont tout aussi mouvementées, toujours pleines, tout le gratin musicos lyonnais se succède, c'est un véritable spectacle, tout le monde se mêle à des discussions sur la mise en scène....Ils n'ont d'ailleurs jamais rien fait de caché, la recherche de son, les arrangements, chacun y va de son petit truc, des bruitages avec générateur de son,.......Il faut avouer que sur scène ils ont des tendances bizarres, entre le bassiste qui joue dans un placard, le soliste dans un fauteuil,...., ils ne font jamais ce que l'on attend d'eux. Tout est pensé, même les "costumes", rien n'est laissé au hasard. Le Homard Violet est un ensemble qui bosse autrement qu'en répétant, il fait de la recherche, des expérimentations.... Mais c'est toujours le même problème qui resurgit, la direction à prendre? "Mes frangins me servaient de sous-marins, ainsi je savais ce qui se concoctait en mon absence. Je savais par exemple que tel ou tel jour ils allaient essayer un nouveau chanteur et bien sûr à chaque fois j'étais présent. Je ne me privais pas de les casser jusqu'au jour où Jean-Claude est arrivé, et là, j'ai dit oui. Je me suis très bien entendu avec lui, normal, il savait chanter". Ils se mettent alors à faire un mitigé de "bal-attraction" qui leur permet de tourner d'avantage. Gaurdon n'est pas spécialement opposé à ça, mais il les avait senti prêts à prendre n'importe quel "ringard". Il comprend leur désir à vouloir être un groupe "normal" et vouvoir faire du Beatles, Stones et consorts... "La plupart des gens, surtout les musiciens, préfèrent l'égalité des goulags et des clones à l'insécurité de la liberté et de la création. Ne pas savoir où tu vas est vachement plus insécurisant que de dire on va faire le morceau de... Eux croient que ça marchera, mais ça ne marche jamais étant donné que le modèle existe déjà en mieux. Enfin ils n'étaient pas tous comme ça, heureusement parce que je n'aurait jamais pu fonctionné et je serais devenu fou....". Ils font le BAPSO '67 de l'INSA avec Claude Luter, Jacky Mallerey et les Carlbury, un autre groupe de Lyon qui fait beaucoup de reprises et qui tourne pas mal comme le groupe de bal Jimmy & les Kingbees. Le BAPSO a l'avantage pour les Homards Violets d'être bien payé ce qui les aidera à financer le disque. Le 6 janvier '67 ils font la première partie d'Eddy Mitchell et jouent "Priez pour St Germain des Prés" qu'un illustre inconnu chante aussi (J. Higelin). Gaurdon est littéralement porté en triomphe par les africains du public à travers toute la salle du Palais d'Hiver, "C'est un moment qui ne s'oublie pas, musicalement j'ai toujours été nègre".

On arrive à l'enregistrement du (second) disque sur JBP, dont la sortie se fait en février '67. Ils le produisent eux-mêmes voulant tout maîtriser du début à la fin. "On avait confiance en personne". Très peu de groupes lyonnais sortent un disque, et le fait que les Homards Violets gagnent de l'argent les a beaucoup aidé pour aller en studio. "J'ai toujours été étonné que des groupes jouent gratuitement comme si leur musique ne valait rien, ils se privent de pouvoir investir sur l'avenir. Si tu n'investis pas sur toi personne ne le fera, ou alors si quelqu'un le fait c'est mauvais signe ça risque de te classer vulgaire/commun. Il est rare qu'un mec se dise tiens c'est original, ça n'existe pas donc ça va se vendre. La plupart du temps le ringardbiz dit: "Ok! Coco c'est comme j'aime, fait slaper la basse il parait que cela fait vendre.". D'ailleurs beaucoup de groupes lyonnais se sont plantés, prends Ganafoul et Factory, l'un est Status Quo l'autre les Stones, mais ça existait déjà dans les bacs, donc ils n'allaient de toute façon pas vendre plus qu'eux ! Au bout du compte ils sont restés un ersatz pour les français. Quand ils se sont aperçus trop tard qu'ils devaient chanter en français la place était déjà prise par Téléphone et Trust. Et pourtant, je pense qu'ils étaient techniquement meilleurs. Donc il faut toujours investir dans sa créativité. Sans gagner d'argent tu ne peux pas prouver ton existence et personne ne peut se dire, c'est intéressant ce que vous faites, on va investir dessus". L'enregistrement se fait sur un deux-pistes, une pour les instruments et l'autre pour le chant, sauf pour "Le sadique" qui est en prise directe. Les arrangements sont donc limités, les bruits que l'on trouve sur scène comme les filles qui hurlent à la "Jack the ripper" de Screamin' Lord Sutch, la scie, la deuxième voix,...,tout ça ne peut être enregistré. "Le clodo" est en fait composé avec Epsy (non-crédité sur le disque) pour le texte du premier couplet Gaurdon' l'adaptant sur une déformation de "Tobacco road" avec une basse jazz. Plus tard il constatera une certaine similitude dans "La fille du Père Noèl" de Dutronc....L'intro à la guitare qui rit, plus impressionnante sur scène que sur le disque, deviendra similaire dans "My friend Jack". L'horreur au quotidien étant un de ses thèmes favoris, il compose "Le sadique". Une deuxième version figure sur le CD: "Survie et Morsure De Scène" et même une troisième serait en train de se mettre en oeuvre. "A l'époque les gens ne comprenaient pas un mot comme masochiste, les expressions comme parano arrivent seulement dans les années '70 en même temps que la vulgarisation de la psychologie. Tu disais à un mec "t'es paranoïaque" il ne comprenait pas. Par contre sadique il comprenait ! C'est une forme de provocation, il y a des éléments que tu comprends et d'autres pas, mais avec l'histoire tu en perçois le sens". "Existentialisme année 66" peut être la devise de Gaurdon, du nihilisme, du j'm'en foutisme, pour être plus clair rien d'étonnant à ce qu'il crée plus tard l'expression "Rien à cirer" pour sa chanson: "On en a" Quand à "Décolonisation" c'est une des rares chansons engagées où Gaurdon s'identifie, ce qu'il ne fera plus trop...."Comme dirait Brassens je préfères suggérer que dire. Quoique sur le disque rien n'est vraiment dit. Quelques imitations ricanantes dans le chant ("....et de ça moi je m'en fous"==> Eddy Mitchell,..va-t-en, tire-toi==> Antoine ) dont il se délecte.... Au studio tout se passe très bien avec Jean Baptiste Piazzano, ils sont très bien compris dans leur recherche de son. Piazzano connaît parfaitement la musique, il est d'ailleurs excellent pianiste. Qu'est-ce qu'on a pu rigoler ensemble, ils m'a fait découvrir les trucs les plus ringards de Lyon, il m'a fait écouter des trucs incroyables...."

ORIGINAL RECTO & VERSO

La pochette est commise par un dessinateur autrichien Dieter Volroff. "Aujourd'hui on se rend mieux compte ce qu'elle représente mais à l'époque, l'oeil qui coure, la scie, la femme enfilée, personne ne devinait, l'effet pointilliste diluait l'idée, comme quoi l'oeil se forme comme l'oreille. Il faut pas oublier que l'on était majeur à 21 ans et tenus dans un état d'infantilisme. C'est peut-être pour ça qu'il y a eu mai 68, on s'est dit mais ça ne va pas, on était des gamins à 20 piges ! ". Pour le dos de la pochette ils choisissent une photo devant le palais de justice. L'éclectisme des poses et des vêtements défini parfaitement l'esprit Homard : (De gauche à droite) Jean-Claude, Michel Cayrol, Gaurdon'(au fond), Baby Bénamed, Alain Cornet, Yves Argant, ils payent eux-même le photographe (Non crédité). Piazzano tient à ce que J.C. Gaurdon soit inscrit avec le nom du groupe, "au départ on ne voulait que Homard Violet ? (comme une interrogation)". Dans un premier temps le disque est pressé à cent exemplaires, tous vendus en deux mois ! Après un mois d'attente un repressage de cent autres copies est fait, financé cette fois-ci que par Gaurdon et Epsy (?), les autres n'y croyant pas vraiment.(se contentant de cette preuve d'existence.) . Il s'apprête à connaître le même succès mais....c'était sans compter sur un léger contretemps militaire. Enfin, cinquante copies sont vendues à Lyon. "Je me déplaçais dans la limite de mes moyens, sans voiture, je me bougeais pour le placer, radios,.... Cent exemplaires c'était énorme ! Les groupes faisaient à ce moment cinquante exemplaires pour les potes et la famille, ils ne tournaient pas...Nous en quatre mois tout a été vendu". Gaurdon n'est pas le seul à croire en son disque, Piazzano a même présenté les bandes à Barclay qui les a refusé catégoriquement. "Piazzano croyait énormément en nous et en Los Chacos qui a fait un succès avec "El condor passa", il a été très déçu par la réaction de Barclay, il était tellement persuadé qu'on était le groupe qui allait dévaster la France. On a carrément été censuré, par les radios, par le refus de distribution,....". Après cette "censure" les Homards Violets prennent en grippe l'enregistrement et décident d'en rester là, ce qui sera un tort. "Je regrette maintenant parce que je n'ai rien gardé hormis le disque de cette époque".

Le jour où je me suis acheté un deux pistes ça a tout changé mais c'était bien plus tard...Par contre avec les Homards on avait la chance d'avoir deux électroniciens dans le groupe ce qui nous a permis d'être les seuls à avoir une sono Teppaz qui étaient bien supérieur aux Selmer vendues en magasin. Il me semble bon de préciser que pour la scène l'invention de la table de mixage n'était pas encore effective, la balance se faisait en direct des amplis. Grâce à eux on testait tout, ils ont d'ailleurs travaillé dans le plus grand magasin de Lyon et de France. C'était de la musique en gros, il commandait des orgues en Italie qui transitaient par la Hollande pour les taxes douanières (?!?)...., et on se fournissait tout notre matériel dans le "déclassé". Lors des transports il y avait toujours du matériel détérioré que les assurances remboursaient, ça nous permettait d'avoir des instruments moins chers...". Après le refus de Barclay de les produire ou de les distribuer, la bêtise qu'ils font est de ne pas aller voir ailleurs. Mais Piazzano a l'habitude de travailler avec lui et puis c'est toujours le même problème, sans moyen de locomotion et mineur comment aller démarcher les gens en dehors de Lyon ? Dans la foulée ils doivent faire la première partie de J. Brel, mais cette censure leur donne mauvaise réputation. On les empêche donc de jouer tout comme Los Chacos (?!)."Brel avait soi-disant reçu des bonbons empoisonnés, nous étions censés être des provocateurs et monsieur avait reçu des menaces...J'ai toujours douté de ces fameux bonbons, je crois qu'il était plutôt en train de faire la promotion de ses adieux. Ils avaient même censuré Los Chacos qui faisaient de la musique péruvienne...! J'en ai profité pour lui faire des grimaces , j'était vraiment énervés, lui était sur scène avec ses étudiants de médecine qui organisaient la soirée, et qu'il conviait à venir le rejoindre, alors si quelqu'un avait voulu le faire sauter.....". Le club de la "haute", le "Jams", les invite à venir animer chaque semaine leurs soirées. Ils peuvent y répéter et surtout y jouer pour de l'argent. "On y était tout le temps fourré alors qu'il y avait deux mondes. Eux c'était le gratin, tu pouvais te tirer la fille d'un général ou d'un curé, et eux s'encanailler la luette à domicile.., mais bon ça n'a pas duré longtemps". Ils font la première partie d'Antoine. Il faut avouer qu'on les voit plus souvent dans les MJC, notamment avec un boxeur, Maurice Tavant, mais c'est l'époque du "music-hall". Les spectacles à multiples facettes sont courrants, groupes de rock, jongleurs. Ils fréquentes aussi "Le Wait and See" et "Le Cyclo" (où la condensation refaisait tomber de la voûte en pierre la sueur des danseurs en flaques sur les toms de batterie). Août '67, c'est le troisième voyage pour l'Angleterre. Il y a toujours Gaurdon, Argant, Richard Weiss et "Epsy" Hel.

ECOSSE 1967

Ils vont en Écosse où Gaurdon se souvient d'un pub : "Ça a commencé par un gag, on jouait du folk français, puis on s'est mis à faire de la musique répétitive avec des compositions de Epsy (Chi-A-Nar) et les miennes (Les Pendus Pendent Aux Paternes) auxquelles les écossais on participés énergiquement créant une hystérie collective, des vieux tapaient contre les murs avec les verres,...,il faut y avoir vécu ! Puis ça a continué dehors, on est sorti chez les gens, tout le monde suivait....". Le retour en France est moins gai. Il commence pourtant bien puisqu'on leur propose une tournée nationale. Un club vient de se monter à côté de leur salle de répétition "La Jasse" et le patron leur propose d'aller jouer dans ses autres boites dans toute la France. Ce sont des lieux très branchés où habituellement seuls des groupes anglais passent. Le problème, c'est la feuille de route en bêtises armées que vient de recevoir Cayrol ! Dans un premier temps ils se mettent en quête d'un bassiste, mais aucun n'ai apte à s'adapter...Les roqueux ne savent pas jouer, les jazzeux se méfit pas encore près pour la fussion. Du coup ils devancent leur appel ce qui leur permettra au moins de se retrouver en même temps. Seul Baby qui est algérien continue de jouer en essayant de garder vivant le Homard Violet, puis il part en Algérie où il tente quelques trucs musicaux...Son retour en France est tragique, il se fera faucher par un camion en portant secours à un accidenté de la route. Pour leur départ à l'armée, un concert mémorable est donné en plein air à la MJC de Gerland. Patrick "cactus" Garel est au piano (Il deviendra le batteur du Chico Magnétic Band, puis fondateur de "Sphéroé"). Pour l'occasion ils amènent armes , pistolets d'alarme (c'est de circonstance !), pour un feu d'artifice ......et puis c'est le départ pour 16 mois. Gaurdon en profite pour vendre les dernières copies du EP qui du coup se dispatche dans toute la France. "Sans cette putain d'armée on aurait encore certainement repressé le disque qui se vendait bien, j'étais un des rares à croire en ce que je faisais, j'avais la conviction ! Barclay n'avait pas cru en nous, je ne l'ai jamais compris ! On se disait qu'en étant les meilleurs à Lyon on allait venir nous chercher, et rien...Maintenant tout était trop tard, l'armée était là et nous enlevait une tournée nationale ". Pendant ces seize mois Gaurdon compose énormément, s'efforce de travailler le chant, le théâtre, un peu la guitare. "En fait j'ai toujours joué sur celles des autres. On m'en prêtait une pour faire la manche mais je n'en ai jamais joué avec les Homards Violets. La première électrique que j'ai eu c'est vers trente ans, à un concert où l'on était rémunéré en instruments". Fevrier-Mars '69, le retour. Epsy, Argant, Gaurdon et sa compagne Michelle s'installent en communauté à Caluire. Ils voient surtout l'aspect pratique pour la musique. Ils se construisent une salle de répétition à la MJC de Gerland et tentent de renouer avec l'esprit du Homard Violet. Ils s'aperçoivent que cette séparation a malheureusement créé un décalage. Les tendances, elles aussi, ont changé .Il n'est plus question de refaire les "vieux morceaux", les musiciens, eux retournent à leur vice, le "clonage". C'est une période cruciale pour le groupe. "Alors que l'époque semble ouverte à toutes les expériences, nous ne sommes sensiblement pas à la même vitesse. Ce qui est marrant de souligner aussi, c'est que dans les années 60 il y a une forte notion de groupe, ce sont des années très créatives ce qui est paradoxal vu que la plupart des groupes ne faisaient que des reprises. On parle des années '70 comme étant fantastiques, mais il n'y a plus cette notion de groupe, ce ne sont que des solistes (Beatles se séparent, Mothers & Zappa, Hendrix,...)". Pendant ce temps la MJC de Gerland devient le creuset des mouvements créatifs. Il y a la musique avec les Homards Violets et Pulsard (sorte de Pink Floyd), le théâtre avec la compagnie de Bruno Beuglin, du No-art,...., il s'y passe énormément de choses. Les Homards Violets tournent, mais quelque chose est cassé...." A la fin je ne me rappelle même plus tous les instrumentistes qui ont joué avec nous. On avait notre sono, l'orgue, ce qui nous permettait de choisir l'organiste et de le virer s'il ne convenait pas...On a aussi eu un saxo, il fallait que l'on change dans quelque chose de plus élaboré". A l'aube des années '70, le Homard Violet n'a plus de raison d'être et chacun prend une direction qui lui semble la bonne ou qui lui est plus appropriée.

Quelques questions à Gaurdon ....

Comment a débuté ton apprentissage de la musique ? : Dès 8 ans tous les radio-crochets auxquels je participais je les gagnais. J'avais très vite compris comment fonctionne le public, il suffit que tu fasses un peu marrer les gens, les distraire, ne jamais mépriser. Les gosses il ne faut jamais les faire monter sur scène ils n'en redescendent pas... Je faisais le mur pour participer à ces concours. J'ai toujours composé, déformé des chansons existantes. Mais je n'ai jamais voulu être chanteur de rock ou une vedette, pour moi il n'y avait pas de rock. Dès l'enfance je savais que j'étais bon par constat. A 15 ans ça me permettait de frimer avec les filles. Je n'ai jamais chercher à réussir sachant me situer. J'ai longtemps cru que tout le monde pouvait très bien chanter, mais ne le faisait pas parce qu'il avait d'autres pôle d'attraction plus sérieux, c'est beaucoup plus tard que je me suis rendu compte de l'attrophie vocal de beaucoup, que les gens chantent faux parce qu'ils écoutent faux, même les musiciens. Ce que je ne savait pas faire, pas con, je l'ai appris.

Te considérais-tu comme le leader des Homards Violets ? : Le Homard était un ensemble de fortes personalités, chaque membre avait ses compétences et s'occupait de son domaine, le batteur les contrats, un autre le matériel,..., il n'y avait pas de "chef". Moi je faisais le pseudo-leader sur scène parce que étant devant pour chanter. Ce qui était une organisation assez rare chez les groupes !

En gros à quoi pouvait se résumer la philosophie du Homard Violet ? : Le cynisme (chien) de Diogène, celui qui montre et ricane. N'être dépendant de rien ! L'outil de travail aux musiciens. Échapper aux producteurs incultes qui ne peuvent pas s'empêcher de changer une note, un texte, de placer leur entourage pour se donner l'impression d'exister. Des musiciens on eu honte de leur disque après un tel traitement. Je n'ai pas franchement le sens de la concession, surtout avec n'importe qui, sur n'importe quoi. Ce que je cherchais c'était des requins à grandes dents, pas des sauriens vaseux, glauques, arriviste mais médiocre. Imagine moins de sourds et de mal comprenant dans la musique. À l'usage tu t'aperçois que le vrais business est fait par les musiciens, et le show par les frimeurs, gourmettes plaquées or et poudre au nez qui te méprisent parce qu'ils ont le mauvais goût dans la bouche, vivant comme des morpions des reste de la distribution anglo saxonne. La frime c'est juste un travail... pour la scène !!! Donner le meilleur au public parce qu'il a payer.

Deux personnes importantes dans ta vie musicale, tout d'abord Zappa ? : En '67 un mec me dit : Je viens des USA il y a là bas quelqu'un qui fait ce que tu fais. Avant d'en être un admirateur, ma première réaction a plutôt été, "merde, il y en a un qui fait la même chose que moi ???". Maintenant je perçois bien le parallèle dans notre carrière quand aux motivation et à l'esprit, sauf que Zappa a toujours été un sublime orchestrateur perfectioniste avec des musiciens qui sont des musiciens, alors que nous on apprenait, lui avait compris l'importance vitale de controler l'enregistrement lié au temps et de tout gardé, il était plus techniquement plus mûr que moi.

Hector ? : On a jamais su beaucoup de choses sur Hector, sinon que fils de riche il avait décidé de ruiner sa famille, en tout cas il avait de sacrés musiciens, Pierrot Fanen entre autre. C'est dans ses concert que le sens du mot spectacle (spectaculaire) prenait tout son sens. Il m'a visuellement beaucoup influencé. A l'époque il n'y avait pas beaucoup de gens marrants dans le rock, maintenant non plus d'ailleurs.

Les Homards Violets et la drogue ? : Pas de drogue, un peu de fumé . Le problème a pu être la boisson, on a d'ailleurs du en virer un, tu ne peux pas être bourré et assurer sur scène ! Autrement certains se sont drogués pour être dans mon état, qui était somme toute un état normal....

Le punk ? : Mais en '67 on était déjà dans une notion de punk, de déstructuration , d'ailleurs "Existentialisme" est une notion de punk, de no-future. Autrement le punk je me souviens avoir dit alors que c'était une mode pour relancer le marché du 45t, il n'y avait plus que du 33t à rock-stars, rien pour les groupes moyens. Je suis passé quelque fois en télévision, à la moindre connerie c'était coupé. Alors on ne me fera jamais croire qu'on peut dire "J'encule la reine" en direct sur une scène de téloche, ça ne peut être que prémédité ! Ils me font rire, je n'y crois pas. Qu'après on les entubent et ne les paient pas .....

PALAIS D'HIVER EN 1967

Comment peut s'expliquer la "réussite" locale des Homards Violets ? : Je pense qu'on était aimé parce qu'on avait un humour assez destroy. J'ai par exemple chanté "Le sadique" dans une salle où il n'y avait que des paralytiques, les gens me disaient "mais tu vas pas chanter ça", alors que les handicapés étaient hyper contents d'entendre quelqu'un qui n'était pas en train de se larmoyer sur leur sort...On était un groupe populaire, du peuple, on ne cherchait pas à faire intello, on avait pas de mépris. Une sorte de pré-Mai 68, mais plus drôle. Même chose pour commercial, je veux être commercial mais je ne veux pas être mauvais, je pense que ça se vendra parce que ce sera bon ! Je ne ferai jamais rien pour que ça se vende. Dans le showbiz ils sont trop méprisants, "on va faire ça y vont aimer", je ne sais pas qui ils voient avec ce "y vont" ??? Quand tu fais de la scène tu vois si ça marche ou pas.

Il y a toujours des gens qui portent un intérêt à votre musique, tu le ressens comment ? : C'est vrai des titres du EP ont été repris, "Le sadique" aurait été fait par un groupe punk en '78 mais je n'en ai aucune trace (aidez-nous...!?!), "Décolonisation" par un groupe antillais en '87, "Le clodo" par un groupe de gamins en '91,...et puis il y a une compilation qui vient juste de sortir un de nos titres (Il Sont Fou Ces Gaulois N°2) je crois. Concernant les droits des disques de cette époque, il ne faut pas oublier que les gens qui faisaient parti de ces groupes sont maintenant boulangers ou charcutiers, alors.....J'aurais juste aimé être avisé ou recevoir ce disque, je ne cherche pas à récupérer quoique se soit, j'aurais même pu fournir des photos car celle que l'on trouve dans la revue "Juke Box" et dans le livret de cette compilation n'est pas des Homards Violets. Serais-je le Trotsky de la révolution Rockn'Roll? C'est encore plus surréaliste, Le dérisoire j'aime....

Dans les années '80 tu avais en projet de sortir un livre sur le rock lyonnais ? Ce devait plutôt être une analyse ethnologique du rock lyonnais, avec la collaboration de Piazzano et de tout ce qu'il pouvait posséder comme documents, bandes, ...Ca devait se faire à l'université, le président nous avait donné son accord, la bibliothèque municipale était prête à faire une exposition, et ça devait sortir comme un mémoire avec des illustrations,....C'est le Machin du Patrimoine qui a refusé de nous allouer un budget, parce que la problématique était mal posée.

Dans ce que tu fais aujourd'hui, que reste t'il du Homard Violet ? Sur mes CD on retrouve des morceaux que j'avais déjà à l'esprit à l'époque, mais que les Homards Violets ne comprenaient pas. Beaucoup de titres n'avaient pas été enregistrés parce qu'il était difficile de faire comprendre ce que je voulais, la plupart étaient des plans entre "hard rock" et "Rythm n'Blues" alors on faisait quelque chose de presque pareil mais avec plus une tendance "rock". "Vampire blues" a par exemple été composé en '67, j'avais dans l'idée de finir le morceau en arrêtant les instruments les uns après les autres pour ne laisser que la voix et la batterie...."Silence des années '70" est un titre symbolique, c'est la fin du Homard Violet......

Ta conclusion sur la période "Homard Violet" ? Soyons honnête, c'est l'armée qui nous a foutu en l'air. Dans la logique des choses j'allais produire, trouver des distributeurs, j'allais bouger, on partait déjà dans le principe de faire une tournée. C'est vrai aussi que les choses vieillissaient beaucoup plus vite à cette époque, et en '69 à notre retour, ce que l'on faisait en '67 était vieux, dépassé, rock'n'roll, alors que l'on pétillait dans le psychédélisme.... Mais quand je serais célèbre je me vengerais.

Voir le site de JEAN-CLAUDE GAURDON ICI

Un message de Jean-Claude Gaurdon suite à cette réédition, daté du 8 mars 2016 :

Bonjour, J'ai bien reçu les exemplaires de la réédition du 45 tours "Homards Violets". Vraiment un très beau travail tant au niveau graphique qu'au respect des sons. Plusieurs personnes m'avaient déjà demandé mon accord pour une réédition mais sans vraiment donner suite (hormis Le Club des Années 60 sur le cd en hommage à Jean Baptiste.) Vous me demandiez en prime comment s'était passé la production et l'enregistrement de ce disque et si je possédais quelques documents afférent à cette époque. Je ne fais pas trop dans la nostalgie, bien que cela fasse toujours plaisir de savoir que des gens s'intéresse à notre travail, même passé (ego) . Outre une bonne documentation il me reste quelques strates mémorielles : Il y avait en ce temps là, en notre bonne ville de Lyon, deux studio d'enregistrement: "Soder" et "JBP" (Initiales de Jean Baptiste Piazzano). Suite à un précédent enregistrement nous allâmes donc chez Piazzano. Le disque est, comme on le dit maintenant "Autoproduit": Les Homards ayant pour habitude de ne pas jouer gratuitement, avaient fini par amassé un petit pécule. La conception du disque nous en a coûté une somme correspondant à environ deux SMIG. Pour deux soirées d'enregistrement (la journée certains travaillaient) une pour l'enregistrement instrumental, l'autre pour le chant. Il y eu un petit bug, je n'arrivais pas à chanter sur la version instrumentale du Sadique. On fit une gravure sur acétate pour que je m'entraîne... mais que neni... On ramena les instruments au studio pour une prise en direct. (Une seul prise). Je me souviens qu'il y a eu une autre prise pour le Clodo, où je finissais le chant en éructant du Bruant: "Je cherche fortune tout autour du chat noir etc..." L'enregistrement se pratiquait sur un deux pistes (une piste pour la musique, une piste pour le chant. Pas de bande pour le mixage, celui-ci se faisait en direct sur une acétate qui servirait à la confection de la matrice pour le pressage. Un pressage de 100 disques. La pochette est de ma conception avec deux couvertures dos à dos: -Une graphique dessinée par Dieter Volrof, l'autre avec une photo du groupe choisie parmi la série (visible sur notre site) effectuée par un photographe proposé par Jean Baptiste et réglé par nous.(je n'ai pas le nom de ce très bon photographe). -Jean Baptiste est intervenu pour mettre mon nom sur la pochette, alors que je proposais juste le nom du groupe avec un point d'interrogation. Il n'y a eu aucun contrat de signé tout simplement parce que nous étions mineurs.(Majorité à 21 ans en ces temps reculés) Nous nous sommes occupé de la distribution. Tout vendu en trois/quatre mois. Les Homards ne voulant pas s'engager, c'est avec Jean Jacques "Epsy" Hel ( Qui deviendra plus tard guitariste du Homard) que je misais (je ne me rappel plus la somme de ce pressage) sur la première réédition de ce disque qui pour entre autre des raisons d'enfermement militaire se dispatchera dans toutes les provinces de notre belle France que j'étais sensé apprendre à défendre. Petite différence avec le premier pressage une ... coquille s'était immiscée sur le centreur: Coldo au lieu de Clodo. Correction faite. Aux alentours de 1978/80 avec Jean Baptiste nous avions envisagé une nouvelle réédition, mais il n'a pas retrouvé la bande. Nous n'envisagions même pas de retirer le disque d'après un autre disque. C'est donc avec plaisir que j'ai pris connaissance de l'objet et que je vais en faire profiter les Homards encore vivants, (j'arrive à un âge où il faut que je me méfies, on doit me repérer dans les cimetières.) Je vous signale que je viens juste de produire un nouveau cd "Rocks Tordus & Twists qui Tanguent" n'oubliez pas de le signaler. C'est bien d'être passionné ,  je vous souhaite de récupérer votre mise afin de continuer à ressusciter encore plein de fantômes musicaux. GAURDON'

 

Caméléon a réédité le EP à 600 copies, 300 en vinyle mauve et 300 en vinyle noir. Pochette 300 grammes et UV sur l'ensemble. Vous pouvez écouter les titres sur le BANDCAMP.

 

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